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Quand la chaleur frappe fort : la solution ingénieuse d’une exploitation laitière tchèque

Quand la chaleur frappe fort : la solution ingénieuse d’une exploitation laitière tchèque

En août 2023, le mercure grimpait vers des niveaux dangereux dans une exploitation laitière de 500 vaches située à Tatenice, en République tchèque. Alors que l’indice de température et d’humidité atteignait 82 au cours de ce qui allait devenir une vague de chaleur accablante de deux semaines, le responsable de l’exploitation surveillait ses chiffres de production avec une inquiétude grandissante. Alors que les vaches du groupe témoin subissaient des pertes de lait catastrophiques de près de 7 kilogrammes par jour, celles du groupe ayant reçu un complément alimentaire en perdaient moins de 4 kilogrammes. La différence ne tenait pas à une meilleure ventilation ou à des systèmes de brumisation, mais à une compréhension révolutionnaire du stress thermique en tant que cascade biologique.

Le challenge du stress thermique

Les approches traditionnelles se sont longtemps concentrées sur le rafraîchissement de l’environnement à l’aide de ventilateurs, de brumisateurs et de structures d’ombrage. Bien que ces mesures restent essentielles, l’équipe technique de Lallemand a confirmé les récentes découvertes issues de la recherche de pointe selon lesquelles le stress thermique provoque un effet domino de perturbations biologiques que les seules mesures de contrôle environnemental ne peuvent résoudre. Le stress thermique commence à avoir des effets négatifs sur les vaches laitières dès 21 °C, les pertes de production commençant à 18 °C, ce qui coûte finalement aux producteurs 120 € par an et par vache lorsque les valeurs de l’indice THI dépassent 72. 1,2

Ces périodes entraînent une diminution de la consommation alimentaire et une augmentation du temps passé debout, ce qui se traduit par une baisse de la production laitière et une détérioration de la qualité du lait.3,4 De plus, le stress thermique a des effets secondaires à long terme qui ne se manifestent que des années plus tard, notamment un développement réduit du tissu mammaire et une mauvaise santé des veaux issus de vaches ayant subi un stress thermique.5,6 Les effets très variés du stress thermique sur les vaches laitières indiquent que ce problème touche plusieurs systèmes de l’organisme de l’animal.

Un essai en conditions réelles

Cette étude a débuté en juin 2023 dans le cadre d’un projet à grande échelle mené dans une exploitation laitière commerciale comptant 500 vaches en lactation. Les chercheurs ont évalué l’impact d’une solution alimentaire à trois ingrédients pendant la période de transition, dans des conditions de stress thermique, sur un sous-groupe de 40 vaches laitières sélectionnées au hasard.

Le premier ingrédient visait à améliorer l’efficacité ruminale grâce à Saccharomyces cerevisiae CNCM I-1077, une souche de levure vivante spécifique au rumen. Le deuxième ingrédient, riche en superoxyde dismutase (SOD), apportait une protection cellulaire antioxydante. Le troisième ingrédient aidait à maintenir des niveaux optimaux de sélénium en fournissant 1,2 milligramme de sélénium organique par vache et par jour grâce à une source de levure enrichie en sélénium, soit l’équivalent de 0,05 milligramme par kilogramme de consommation de matière sèche (CMS).

Les résultats ont été tout simplement remarquables. Au cours des 100 premiers jours de lactation, les vaches ayant reçu un complément alimentaire ont produit en moyenne 1,7 kg de lait de plus par jour que le groupe témoin (figure 1). Lorsque la vague de chaleur a frappé, leurs pertes de production ont été inférieures de 45 % (figure 2). Outre une amélioration des rendements laitiers, les vaches traitées ont présenté un nombre de cellules somatiques plus faible et une meilleure efficacité reproductive, nécessitant moins d’inséminations par gestation. Ces résultats montrent clairement que cette stratégie nutritionnelle à trois ingrédients peut contribuer à améliorer la digestion tout en atténuant l’inflammation.

D’un point de vue économique, il apparaît que cette stratégie nutritionnelle offre un retour sur investissement supérieur à 9 pour 1, grâce à une productivité accrue et à une réduction des pertes lors des épisodes de stress thermique.

Ce cas met en lumière une évolution importante dans la manière dont les éleveurs peuvent aborder le stress thermique, non seulement comme un problème environnemental à gérer, mais aussi comme un défi biologique auquel il faut s’attaquer de l’intérieur. En soutenant les principaux systèmes physiologiques, les éleveurs peuvent aider les animaux à rester plus résistants face aux pics de température et d’humidité.

Face à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, il est essentiel d’intégrer un soutien nutritionnel adapté dans les protocoles de gestion du stress thermique afin de préserver à la fois la productivité et le bien-être des animaux.

Figure 1. Comparaison des performances laitières entre les vaches du groupe témoin et celles ayant reçu un complément alimentaire à base de levures vivantes spécifiques au rumen, de levures enrichies en sélénium et d’un complément antioxydant riche en superoxyde dismutase (SOD). Les vaches ayant reçu ce complément ont atteint leur pic de production laitière plus tôt que celles du groupe témoin

Figure 2. Production laitière chez des vaches témoins et des vaches ayant reçu un complément alimentaire à base de levures vivantes spécifiques au rumen, de levures enrichies en sélénium et d’un antioxydant de type superoxyde dismutase (SOD) en période de stress thermique modéré.7

References

  • 1Kadzere, C. T., Murphy, M. R., Silanikove, N., & Maltz, E. (2002). Heat stress in lactating dairy cows: A review. Livestock Production Science, 77(1), 59– 91. https://doi.org/10.1016/S0301-6226(01)00330-X
  • 2St-Pierre, N. R., Cobanov, B., & Schnitkey, G. (2003). Economic Losses from Heat Stress by US Livestock Industries1. Journal of Dairy Science, 86, E52– E77. https://doi.org/10.3168/jds.S0022-0302(03)74040-5
  • 3Ninomiya, S., Goto, Y., Huricha, Onishi, H., Kurachi, M., & Ito, A. (2023). Lying posture as a behavioural indicator of heat stress in dairy cows. Applied Animal Behaviour Science, 265, 105981. https://doi.org/10.1016/j. applanim.2023.105981
  • 4Cook, N. B., Mentink, R. L., Bennett, T. B., & Burgi, K. (2007). The Effect of Heat Stress and Lameness on Time Budgets of Lactating Dairy Cows. Journal of Dairy Science, 90(4), 1674–1682. https://doi. org/10.3168/jds.2006-634
  • 5Tao, S., Orellana, R. M., Weng, X., Marins, T. N., Dahl, G. E., & Bernard, J. K. (2018). Symposium review: The influences of heat stress on bovine mammary gland function1. Journal of Dairy Science, 101(6), 5642– 5654. https://doi.org/10.3168/jds.2017-13727
  • 6Skibiel, A. L., Dado-Senn, B., Fabris, T. F., Dahl, G. E., & Laporta, J. (2018). In utero exposure to thermal stress has long-term effects on mammary gland microstructure and function in dairy cattle. PLOS ONE, 13(10), e0206046. https://doi.org/10.1371/ journal.pone.0206046
  • 7Data on File at Lallemand Animal Nutrition. Czech Republic, 2023 Trial Data.

Publié  10 mars 2026 | Mis à jour 15 mai 2026

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