Blog | Temps de lecture 7 minutes

Une étude établit un lien entre le stress thermique et l’augmentation de l’impact environnemental de la production laitière et met en avant la nutrition comme un levier clé pour atténuer cet impact

Une étude établit un lien entre le stress thermique et l’augmentation de l’impact environnemental de la production laitière et met en avant la nutrition comme un levier clé pour atténuer cet impact

Face au changement climatique, la gestion du stress thermique chez les troupeaux laitiers est à la fois un enjeu de performance agricole et de bien-être animal. Les vaches soumises au stress thermique mangent moins, ruminent moins et détournent l’énergie destinée à la production laitière vers la thermorégulation. Les conséquences sont bien connues et scientifiquement documentées : baisse de la production laitière, diminution de l’efficacité alimentaire, risque accru d’acidose, augmentation du nombre de cellules somatiques et, à long terme, baisse de la fertilité. Au-delà de l’impact direct sur la rentabilité des exploitations, le coût économique est colossal : les pertes annuelles mondiales ont récemment été estimées à plus de 10 milliards de dollars (8.5 milliards d’€) (IDF, 2025). Le stress thermique a également un impact sur l’empreinte environnementale de la production laitière, car davantage de ressources sont consommées pour produire moins de lait.

De nouvelles données apportent un éclairage nouveau sur les levures probiotiques, dont il est prouvé qu’elles améliorent le fonctionnement du rumen, en montrant qu’elles peuvent avoir une incidence sur les performances et le bien-être des vaches, ainsi que sur l’empreinte environnementale de la production laitière.

Gérer le stress thermique = gérer le rumen

L’agriculture représente environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), et les ruminants en sont responsables à hauteur d’environ 40 %. L’amélioration de l’efficacité alimentaire — en particulier dans des conditions difficiles telles que le stress thermique — constitue un levier permettant de réduire l’intensité des émissions par kilogramme de lait.

Cependant, le stress thermique a l’effet inverse sur les vaches. Lorsque l’indice de température et d’humidité (THI) dépasse 68 à 70, les vaches ont généralement tendance à :

  • Réduire la consommation de matière sèche
  • Passer moins de temps à ruminer
  • Être exposés à un risque accru de baisse du pH ruminal
  • Présenter une digestibilité réduite des fibres
  • Produire moins de lait avec une teneur en matière grasse plus faible

Une publication récente (Onan-Martinez et al., 2026) établit un lien direct entre le stress thermique et une empreinte environnementale plus importante du lait. Les auteurs ont démontré que le stress thermique altère le fonctionnement du rumen, réduit la productivité et, par conséquent, augmente les émissions de méthane par kilogramme d’aliments consommés, ainsi que par kilogramme de lait produit (intensité en méthane).

Une étude contrôlée menée à l’Université de Floride par le groupe du Dr Santos (Perdomo et al., 2020) dans des conditions de stress thermique (THI ≈ 80) a évalué comment la gestion du rumen à l’aide de la levure vivante spécifique Saccharomyces cerevisiae CNCM I1077 (LEVUCELL SC) peut aider les vaches à mieux résister au stress thermique. Une analyse du cycle de vie (ACV) récente, réalisée selon une méthodologie conforme à la norme ISO, a permis de déterminer l’empreinte environnementale de 1 kg de lait corrigé en matière grasse et en protéines (FPCM) dans ces conditions (LEVUCELL SC EPD, Lallemand).

L’évaluation des performances (figure 1) a montré une amélioration de 7,6 % de l’efficacité alimentaire (+130 g de lait/kg de consommation alimentaire brute) sans dilution des nutriments. Ces mêmes données ont désormais été utilisées pour réaliser une analyse du cycle de vie (ACV) de la production laitière avec et sans LEVUCELL SC.

Figure 1: Effet d’une supplémentation en LEVUCELL SC sur l’efficacité alimentaire des vaches laitières (kg d’ECM/kg de matière sèche consommée) dans des conditions de stress thermique (Perdomo et al., 2020)

Nouvelle étude d’analyse du cycle de vie : réduire l’empreinte environnementale du lait

Une ACV conforme aux normes ISO (ISO 14040 / 14044), incluant l’essai de stress thermique en Floride, a été réalisée du berceau à la sortie de l’exploitation (figure 2) (EPD LEVUCELL SC, Lallemand). L’ACV a suivi les règles de catégorie de l’empreinte environnementale des produits pour les aliments pour animaux (PEFCR Feed) et la méthodologie PEFCR Dairy.

Ce rapport d’ACV conforme à la norme ISO a été révisé par Greg Thoma, PhD, expert indépendant et directeur de la modélisation agricole et de l’analyse du cycle de vie chez AgNext, à l’université d’État du Colorado.

Figure 2: Portée de l’étude d’analyse du cycle de vie (ACV) de LEVUCELL SC, du berceau à la sortie de l’exploitation.

Cette étude a montré que l’empreinte carbone du lait (par kg de lait produit) a diminué de 6,1 % lorsque les vaches ont été nourries avec LEVUCELL SC, même en période de stress thermique.

De plus, les sept indicateurs environnementaux retenus par PEFCR Dairy comme indicateurs clés ont tous affiché une baisse (de 4,9 % à 8,3 %, figure 3). Ces baisses s’expliquent principalement par une meilleure efficacité alimentaire et un meilleur rendement laitier, car la production a nécessité moins de ressources et généré moins d’émissions par unité de production.

Figure 3: Effet de la supplémentation en LEVUCELL SC sur 7 facteurs environnementaux liés à la production laitière selon le PEFCR dans des conditions de stress thermique (Déclaration environnementale du produit LEVUCELL SC, 2026).

En quoi cela est-il important pour la production laitière ?

Au-delà des défis liés à la production de matières premières agricoles, le stress thermique devient un frein majeur à la production laitière mondiale. Les stratégies traditionnelles d’atténuation — ombrage, rafraîchissement, ventilation, etc. — sont indispensables. Il convient désormais d’envisager également des stratégies nutritionnelles afin d’adopter une approche plus globale.

Nos résultats confirment que les solutions nutritionnelles qui améliorent la stabilité ruminale et l’efficacité alimentaire dans des conditions difficiles peuvent également apporter des avantages supplémentaires en matière de durabilité, notamment :

  • Limiter les pertes de productivité sans accroître la consommation de ressources
  • Réduire l’empreinte environnementale de la production laitière, en particulier l’intensité des émissions de GES, à un moment où les producteurs laitiers sont confrontés à des exigences croissantes de la part de l’industrie laitière et des consommateurs
  • Contribuer au bien-être animal, qui constitue également une exigence croissante du marché laitier

L’amélioration de l’efficacité ruminale peut optimiser l’utilisation des aliments, aidant ainsi les producteurs laitiers à accroître leur productivité et à réduire l’empreinte environnementale par unité de lait produite. Lorsqu’elles sont économiquement viables, ces approches peuvent contribuer à la rentabilité et à la résilience des exploitations face à la volatilité des prix du lait et aux attentes croissantes de la société et du marché.

L’essai mené en Floride en 2020 démontre que l’administration de LEVUCELL SC lors de périodes de stress thermique peut contribuer à maintenir l’efficacité ruminale, la digestion des fibres et l’indice de conversion alimentaire chez les vaches laitières. L’analyse du cycle de vie (ACV) montre que ces améliorations se traduisent par une réduction de l’impact environnemental par kilogramme de lait produit, notamment une diminution de 6,1 % de l’empreinte carbone.

Dans un contexte de hausse des températures, ces observations mettent en évidence le rôle potentiel de la gestion de la flore microbienne du rumen comme l’un des nombreux leviers permettant d’améliorer l’efficacité alimentaire et de réduire l’intensité des émissions dans la production laitière.

References

  • Bulletin of the IDF N°534/2025: Managing Heat Stress in Dairy Cattle
  • LEVUCELL SC Product Environmental Declaration (EPD) Dairy Production Phase Cradle to Farm gate (Lallemand Animal Nutrition).
  • Onan-Martinez, D., De Bari, M., Olmo, H., Vyas, D., DeGuzman, C. N., Santos, J., . . . Dahl, G. (2026). Heat stress increases enteric methane emissions yield and intensity while impairing rumen function and productivity in lactating dairy cattle. Journal of Dairy Science. https://doi.org/10.3168/jds.2025-27724
  • Perdomo M.C., R.S. Marsola, M.G. Favoreto, A.T. Adesogan, C.R. Staples, J.E.P. Santos. (2020). Effects of feeding live yeast at 2 dosages on performance and feeding behavior of dairy cows under heat stress. J. Dairy Sci. 103(1):325-339

Publié  31 mars 2026 | Mis à jour 15 mai 2026

RuminantSustainability